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Shadéma, messagère sensible d'un monde subtil

Jument lusitano-barbe crème aux yeux bleus ... l'émotion toujours à fleur de peau et l'exigence d'une posture claire ...


Elle présente des caractéristiques du "Pegase" d'Hempfling (Quand les chevaux se révèlent) :

"Les pulsations de son coeur sont celles des sources originelles, elle est encore reliée à l'écume de laquelle Poséidon fit naître le cheval ... Elle est à la fois l'image de la puissance de la matière qui s'élève d'elle-même et celle de la spiritualité la plus sensible, elle semble porter en elle l'éternel combat entre les forces obscures et celles de la lumière. Elle perçoit de manière amplifiée les moindres variations de mon humeur. Elle ne pardonne rien et ne laisse rien passer inaperçu. Avec elle, tout est lourd de conséquences ..."

Les conséquences possibles sont des menaces de morsure ou de coup de pied (elle seule sait jusqu'où elle prévient !) si je ne suis ni ancrée ni centrée lorsque je suis dans sa proximité, et donc incohérente de son point de vue. L'approcher en étant "ancrée" ne suffit pas pour qu'elle ne manifeste aucune velléité d'agression. Car, justement, un véritable ancrage n'a rien à voir avec un état méditatif, une visualisation ou toute autre approche (voir le texte sur "Oser la peur" dans la catégorie "Etre"). Non, un véritable ancrage est un état de non peur, de sérénité profonde, de lenteur dans la présence en lien avec chaque cellule de son corps. Etre ancrée signifie également ne projeter aucune parcelle de mon énergie disponible à l'extérieur de moi, en direction de l'autre (vaste sujet) mais être en moi, totalement, parfaitement alignée.


Hiver 2019/2020


Ma recherche est l'obtention de mouvements librement consentis, jamais une chorégraphie figée. Me déplacer de façon synchrone en modulant la projection de mon énergie conduit à une sensation de joie intense. Cela me demande de la motivation et de l'enthousiasme tout en focalisant son attention sur moi. Je dois aussi m'assurer que je communique ce que je veux au moment exact où son corps est en mesure de réaliser ma demande. Sinon je nous mets toutes les deux en échec. Et comme elle ne pardonne rien, elle le traduit souvent par une menace : "hé humaine, fais le travail nécessaire sur toi pour être à la hauteur de tes espérances ou laisse-moi tranquille !"


J'explore avec elle le "border-land" du corps subtil, de l'intuition, le leadership consensuel et le délicat paradoxe qui relie les frontières et le centre. Pour moi, c'est cela la posture du rassembler. Un autre cheval blanc m'y a guidée il y a quelques années. Il s'appelait Poscig.


C'est une pratique intensément instinctuelle puisqu'il s'agit pour moi de ressentir le cheval tout en étant parfaitement consciente de mes positions : quelques pas vers elle pour indiquer la direction du mouvement, un léger retrait à un instant pour laisser respirer nos espaces personnels afin de mieux leur donner envie de rester reliés tout en respectant leur singularité ... avec patience, découvrir ce que nos corps individuels et nos esprits peuvent créer en collaborant ... deux êtres dansant en un mouvement spontané.

"Quand l'âme danse avec mon corps (...) toutes les réponses sont immédiates, et dans les mouvements eux-mêmes. (...) C'est ainsi que l'invisible façonne le visible" (KF. Hempfling)


Marie Clerc, mars 2020

PS : lors du tournage de ces images, je souffrais d'une tendinite du tendon d'achille, qui ne facilitait ni mes déplacements, ni mon ancrage. Parfois, il est nettement visible que je suis "coupée" en dessous des genoux. Le centrage qui me permet de moduler l'énergie a été d'un grand secours ...